Une directrice d’école au sujet de l’enseignement en temps de Covid :

"La distance est un problème pour les enfants. Les enseignants subissent un changement massif dans leur métier".

 

A l’école de Bubenreuth, la directrice Martina Zippelius-Wimmer nous dit : "les enfants des groupes de besoin ont pu participer aux cours en visio et nous avons pu distribuer des iPad aux familles sans ordinateur".                     
        

 

 
 

Madame Zippelius Wimmer, quels enseignements tirez vous de la crise sanitaire ?

 

Au mois de mars, les mesures prises ont changé notre vie privée et professionnelle du jour au lendemain. Nous tous, les enseignants, bien sûr aussi nos élèves et leurs familles ont vécu des semaines d’école à la maison. Bien que la digitalisation avait déjà été abordée à l‘école, les premiers temps ont présenté le défi d’une formation au lance-pierre pour les enseignants. Et en même temps, il s’agissait de garder autant que possible un contact personnel avec les enfants et les parents pour ne pas interrompre les relations.

 

En tout et pour tout – la vie de tous les jours était bien différente de nos habitudes. Tous les jours, nous avons appris des choses nouvelles, et cela continue.

 

Nous sommes dans un processus qui impose un contrôle permanent des orientations qui doivent être adaptés pour leurs contenus, la pédagogie et les dispositifs techniques. Pour surmonter toutes ces difficultés, la bonne cohésion de l’équipe a été un atout. Dans une vraie réciprocité, chacun a partagé ses savoir-faire et ses découvertes avec les autres, a dispensé son aide et son conseil. Cependant nous atteignons souvent nos limites pour surmonter le grand écart entre des cours aussi individualisés que possible pour deux promos regroupés dans une seule classe en tenant compte de l’enseignement en présentiel, en visio et les groupes de besoin.

Quelles mesures continuent à vous préoccuper ?

 

Pour nous les enseignants il s’agit de cerner encore plus l’objectif, de réfléchir aux situations familiales les plus diverses et de tenir compte en même temps de la personnalité de chaque enfant, d’expérimenter les moyens de prise de contact avec les enfants et avec les parents, de chercher des possibilités de se rendre compte des progrès et du travail de chaque enfant et d’en évaluer la qualité. Nous devons également nous demander : «Que peut-on exiger des enfants et des parents dans cette situation et que pouvons nous y contribuer ?

Est-ce que quelqu’un ou quelque chose vous a aidé en cette période de Corona ?

 

Heureusement nous avons choisi la voie de la digitalisation depuis quelques années déjà et nous nous sommes formés. Car l’utilité de la digitalisation a été remise en question précisément pour les écoles élémentaires ces dernières années et nous avons dû faire des efforts de persuasion pour justifier notre décision. Maintenant nous avons le plaisir de constater que les enfants sont familiarisés avec bon nombre de média numérique et savent l’utiliser pour leur travail. Il faut souligner que la commune de Bubenreuth et nos Sponsors nous ont créé un bon cadre. Cela permis en particulier de faire participer les enfants des groupes de besoin aux cours à distance et de prêter du matériel informatique quand il y en avait pas à la maison. La façon de travailler à l’école a également été une aide pour nous, pour les familles et pour les enfants de savoir bien se servir des programmes de d’en venir à bout – grâce au soutien par des cours à distance réguliers et grâce aux parents.

Comment se passent les cours actuellement ?

 

Pendant toute la période de fermeture de l’école, les enfants ont rencontré deux fois par semaine leur professeure principale pour l’enseignement à distance, et les enseignants étaient joignables tous les jours pendant la permanence. A la fin de la semaine on demandait un feedback sur l’état des apprentissages. Un enseignant non chargé de classe était et est toujours chargé de la prise en charge par vidéo d’enfants qui ont besoin d’un soutien complémentaire ou qui préparent une épreuve. Les autres enseignants sans charge d’une classe participent de façon circonspecte et fiable à la prise en charge de groupes de besoin. La reprise avant les vacances de la Pentecôte avec les CP et les CM s’est bien passée. Les enfants avaient un comportement très discipliné.

 

Mais au fur et à mesure que la durée des cours augmente, il s’est avéré, qu’à cet âge, tenir la distance est un vrai problème. Presque tous les enfants ont suivi et étaient appliqués et consciencieux pour leur travail à la maison. Entretemps, toutes les classes d’âge ont réintégré l’école. Chez nous, un jour sur deux, car nous pensons qu’un grand devoir est plus facile à organiser sur deux jours que pendant toute une semaine en école à la maison. A cause du mixage des classes d’âge nous avons, à chaque niveau, de petits groupes par classe. A l’école il s’agit de tenir ses distances et de porter un masque quand on n’est pas assis à sa place.

 

Chaque enfant a une table individuelle face au professeur. C’est un grand changement pour les enfants, car par conviction pédagogique nous misons sur un apprentissage interactif et par le dialogue.

Dans toutes nos prévisions, nous tenons à intégrer dans notre enseignement les expériences d’utilisation digitale des enseignements acquises ces derniers mois.

Quel est le souhait qui vous tient au cœur ?

ZW : Nous souhaitons tous revenir à la normale. En même temps l’expérience de ces derniers temps nous montre que notre équipe est à même de venir à bout de ces défis.

 
   

Grundschule von Bubenreuth