DICTIONNAIRES ET TRADUCTEURS

La Bible de Gutenberg

 

Dictionnaires, Langues vivantes et Langues mortes.

Et Internet dans tout cela ?

Johannes Gutenberg, né à Mayence vers 1400, invente vers 1450 un procédé de duplication plus rapide et plus fiable que la copie manuscrite et fait exploser la diffusion des connaissances dans le monde des érudits.

Cette idée, qu'un homme seul a développée dans un but bien défini, a sans doute dépassé tout ce qu'il avait imaginé :

Des milliers de textes dont il ne restait qu'un ou  de rares exemplaires abimés ont été à nouveau diffusés,  débouchant sur l'explosion culturelle de la Renaissance par la redécouverte des civilisations antérieures pour beaucoup oubliées.

L'histoire d'Internet remonte au début des années 1960. L'idée d’un réseau informatique permettant aux utilisateurs de différents ordinateurs de communiquer, se développa et conduisit au « réseau des réseaux » que nous connaissons aujourd’hui.

Deux phases d'accélérations se produisirent : dans les années 1960-70 l'application pratique des concepts évoqués dès 1950 puis, à partir de 1990 lorsque la popularisation de l’Internet passa par l’apparition du "Word Wide Web" (la toile d'araignée mondiale =www.).

L'infrastructure d'Internet se répandit rapidement. Elle déboucha ainsi à un accès mondial immédiat à l'information et aux communications  sans précédent dans l'Histoire. Elle bouleverse encore plus le rapport à la connaissance.

Personne ne peut revendiquer d'en être l'inventeur. Trop de gens y ont participé avec chacun des objectifs différents et complémentaires.

Mais personne n'avait non plus idée des bouleversements énormes que tout cela n'en finit pas d'engendrer.

La transformation des livres, des dictionnaires et de l'apprentissage

L'impact d'Internet

À partir de 1990, les livres cessèrent d'être les outils de transmission des informations entre les seuls chercheurs et les sachants. Les encyclopédies aux mises à jour laborieuses devinrent immédiatement caduques et simples objets de décoration.

Dans l'enseignement, le rapport des étudiants au savoir s'inversa : L'essentiel n'est plus l'accumulation de savoirs innombrables immédiatement périmés, mais la capacité à chercher l'information au moment où on en a besoin et celle d'intériosiser les techniques de son analyse critique structurée.

Enfin les "experts", les "sachants" durent apprendre à discuter les savoirs de personnes qui n'avaient jamais eu les bases de différents domaines et qui en accédaient brutalement à des connaissances pointues qu'ils ne pouvaient pas toujours évaluer la validité.

Cela eu en particulier un très gros impact sur les dictionnaires et les outils d'apprentissage. Ceux des langues mortes qui informaient sur des connaissances acquises et peu variables restèrent pertinents, même si leur consultation de fait de plus en plus via l'ordinateur que par l'imprimé.

Les dictionnaires de langues vivantes furent plus profondément touchés dans leurs objectifs, les outils à développer, la brièveté de leur perennité. Et ce pour plusieurs raisons. Nous examinerons les dictionnaires  franco-allemands ainsi que les outils de traduction seront traités ensemble puisqu'entièrement liés àl'ensemble de ce développement.

LES DICTIONNAIRES

  • Le premier, français, "Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales" (CNRTL) particulièrement bien équipé en outils annexes, monté par le Centre National de la Recherche scientifique https://www.cnrtl.fr/definition/.

  • Le second, allemand ,  "Digitales Wortebuch der deutschen Sprache" (DWDS) https://www.dwds.de  , également mis en place par une structure indépendante, qui en propose, lui aussi, d'une autre façon. De tels outils sont de plus en plus nombreux. D'autres vont encore apparaître :

Ce sont maintenant presque tous les dictionnnaires surtout bilingues qui proposent de tels outils en plus des différentes significations ou traductions qui étaient initialement leur seul objet. Exemples :

  • les tableaux complets de conjugaison,
  • les tableaux d'exemples d'utilisation des mots dans des expressions courantes,
  • l'étymologie,
  • les synonymes et antonymes classés par proximité de sens,
  • les signalements, les propositions, voire les corrections des fautes de frappe, de grammaire ou d'orthographe, notamment dans les logiciels d'écritures associés,
  • des données sur l'utilisation actuelle de ce mot dans la langue courante,
  • des possibilités d'interaction entre l'utilisateur et  les concepteurs du dictionnaire,
  • des propositions d'amélioration de style ou de résumés de textes,
  • pour le dictionnaires bilingues ou sur des logiciels spécifiques, des outils de traitement de textes en langues de plus en plus nombreuses

Tous n'utilisent pas toutes ces fonctions. D'autres n'en utilisent que quelques unes voire des fonctions attrayantes n'ayant aucun rapport avec le traitement l'explication et la connaissance des mots.

Dans le dictionnaire français du CNRTL exposé ci-dessus, beaucoup de ces fonctions sont utilisées.

Inversement le dictionnaire Larousse n'offre qu'une définition simpliste et aucune de ces fonctions. Par contre l'esthétique en est soignée et ils proposent des jeux simplistes parfois éloignéss de leur utilisation. Mais très vite, propose l'achat d'un ouvrage imprimé (Encyclopédie, Livre, Cuisine,...). C'est un outil probablement élaboré par le service commercial : https://www.editions-larousse.fr/

Internet nous propose une liste des dictionnaires franco-allemands et traducteurs disponibles : https://www.lexilogos.com/allemand_dictionnaire.htm

 

 
DeepL

 

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DeepL Traducteur

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Depuis sa mise en ligne en août 2017, DeepL Traducteur a battu tous les records de qualité en matière de traduction automatique.

Il s'appuie entre autres sur le dictionnaire franco-allemand Linguee

Lancé en mars 2018, DeepL Pro permet aux abonnés d'exploiter tout le potentiel de leur technologie d'intelligence artificielle pour la traduction.

Les abonnés à DeepL Pro peuvent désormais utiliser un traducteur en ligne optimisé, intégrer leurs algorithmes à leur logiciel de traduction ou créer des services et des applications inédits avec l'API de DeepL.

Pour plus de détails : voir ICI

DUDEN

logoDuden
Duden est en fait le traducteur de PONS
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Duden,  logiciel allemand de traduction offre des services que l'on ne retrouve pas dans les autres dictionnaires :

  • Déclinaison des mots, Conjugaison des verbes

  • Écoute et Précision de la tonalité du mot 

  • Fréquence d'utilisation dans la langue récente

  • Proposition d'analyse critique d'un texte écrit par le lecteur

  • Place des coupures dans le mot

  • Correction des fautes d'orthographe ou de grammaire
PONS

logoPons

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Le dictionnaire Pons a fait le choix d'un logiciel axé autour d'un dictionnaire interactif où le lecteur peut proposer des tournures de phrases spéfiques pour chaque mot et qui s'accompagne de fonctions d'aides personnalisées à l'apprentissage, d'un traducteur de texte, etc. Il présente plusieurs particularités intéressantes :

  • Il est entièrement gratuit ainsi que les applications pour Handy (dictionnaire, traducteur).

  • Une fois le choix de la langue fait, on propose un mot. Il recherche dans les deux langues et propose ce qu'il trouve.

  • En cas de mot mal écrit par erreur ou faute de frappe, il propose les mots très proches.

  • Pour chaque verbe, il précise s'il s'agit d'un verbe fort et dans tous les cas propose un tableau complet de conjugaison.

  • Dans les listes de définition des deux langues, un clic sur un mot renvoie au mot correspondant.

  • Il permet de classer un mot parmi ses favoris ou dans une liste destinée au travail de révision de vocabulaire.

Toutefois, c'est une entreprise privée et elle propose des outils pédagogiques à bon marché.

 

 

GOOGLE Traduction

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Google Traduction
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Google Traduction est un des premiers traducteurs digne de ce nom, bénéficiant d'un immense financement. Il a fait progresser énormément les  traducteurs jusqu'à ce que DeepL utiilise des modes d'algorithme entièrement nouveaux. Il reste toutefois de bonne qualité et le match entre les deux n'est certainement pas terminé.

Il traduit des dizaines voire centaine de langues, bien plus que DeepL.

Google Translate a d'abord concentré ses efforts sur le développement de la traduction entre l'anglais et les autres langues, et non pas, par exemple, sur le japonais ou l'allemand qui ne sont pas des langues officielles de l'ONU.

WORD

  icone Word

Logiciel WORD ou Office, etc.
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Le Logiciel de traitement de texte Word, comme tant d'autres n'est pas un Dictionnaire. Il touve toutefois sa place ici car il a très tôt intégré les différentes fonctions qu'Internet permettait :

  • Signalement de fautes de frappe ou d'orthographe ainsi que de grammaire. Proposition de corrections.

  • Choix de la langue pour ces corrections.

  • Écriture automatique de mots courants à partir de quelques lettres

  • insertion de formules de politesse, de courriers administratifs, de tables des matières, etc.

 

Le développement de toutes ces fonctionnalités a déjà permis de créer des dictionnaires et des outils de travail facilitant l'écriture et la recherche du mot juste dans une ergonomie en perpetuelle évolution. Mais la progression de l'outil informatique ne cesse pas et de nouvelles applications sont en cours en permanence. Nous ne devons pas perdre de vue que l'ordinateur n'a, en tant qu'instrument pas plus d'intelligence qu'un morceau de papier. Il ne donne que ce que son créateur y a mis.

Ses seules qualités sont la quantité gigantesque de données dans des outils de plus en plus petits une très grande rapidité de rappel et de traitement de ces informations qui augmente chaque jour. Et ceci évolue avec une vitesse stupéfiante.

Les informaticiens travailent en ce moment à de nouveaux ordinateurs encore plus rapides et performants dits "quantiques". Ils n'en sont qu'au stade de la conception et de l'expérience. Ils en rêvent.

Certains vont au delà, en fonction de leurs domaines d'intérêt scientifique ou financier et les intègrent dans leurs fantasmes irréfléchis. Alex Kahn, dans son dernier livre "Et le Bien dans tout cela" rappelle les fantasmes analogues qu'avaient déclechés en leur temps les découvertes de séquençage des génomes. Les conséquences en ont été extraordinaires, mais tout autres que celles annoncées et dont on ne parle plus.

Les progrès logiciels qu'on a nommé depuis 1950 "intelligence artificielle" sont d'abord venus de la quantité de données à disposition, de la vitesse d'exécution et de la nature des algorithmes de traitement.

Est-ce une intelligence qui mime parfaitement l'intelligence humaine ou une intelligence qui la surpasse et s'en libère ? La discussion est ouverte. Par contre cela a ouvert un domaine de recherche nouveau et en plein essor qui bénéficie des découvertes des neurosciences.

L'IRRUPTION DES TRADUCTEURS ORAUX AUTOMATIQUES

Lorsque la vitesse des transports et des échanges demandait des mois voire des années, les commerçants parlaient plus ou moins bien chacun trois à six langues. On avait le temps.

Les "progrès techniques" ont incité à ce que toutes les conversations, tous les écrits puissent être traduits dans l'immédiat dans toutes les langues.

Des informaticiens se sont penchés sur ce problème comme sur d'autres. Toutefois une langue n'est pas un outil simple. Elle est également l'expression d'une civilisation, d'une pensée spécifique propre à toutes les incompréhensions.

Ces dernières années, ont voit se développer de nouveaux outils de traduction qui ont fait des progrès énormes pour se rapprocher de la "Traduction parfaite".

Mondialisation

La Mondialisation en marche

 

Mais chaque traducteur, même débutant, sait que la traduction parfaite "universelle" n'existe pas. 

Ils ont toujours su la difficulté et l'ambiguité consubstantielle de leur travail : « Traduttore, traditore » -Traduire, c'est trahir- disaient-ils depuis toujours.

Ce n'est en fait vrai que lorsqu'on se contente d'une traduction littérale indépendante de son contexte et de son destinataire. Traduire c'est en fait opérer un passage d'une expression dans une langue à une expression dans une autre langue. Il est très fréquent que la traduction littérale non seulement n'y suffise pas, mais parfois trahisse totalement le sens du texte entre la pensée de l'écrivain et la compréhension du lecteur.

Un bon traducteur se fixe cette règle. In ne peut travailler parfaitement qu'en coopération avec l'auteur du texte. Et lorsqu'on lui dit « ce n’est pas exactement ce que j'avais écrit mais c’est exactement ce que j'avais voulu dire », c’est c'est alors qu’il est digne de confiance.

Les progrès techniques et conceptuels de l'informatique ont débouché sur une science complexe spécifique de Traduction Automatique du Langage (TAL) qui a bénéficié de tout ce qu'on a évoqué plus haut et qui permet de mimer de plus en plus les réalisations et l'apprentissage humain. Depuis 2000 un "Apprentisage profond" associant à la recherche informatique les données des neurosciences, la conception et l'expérimentation de "logiciels quantiques" ont accéléré encore ces performances.

Une seule chose compte dans la traduction : l'évaluation du texte traduit en fonction de son adaptation aux attentes de la satisfation du demandeur ainsi que de ceux à qui la traduction est destinée.

Cette évaluation des traductions sur deux grands paramètres :

  • le respect de la langue d'arrivée

  • le transfert du sens du texte original.

D'une manière générale, le non-transfert d'un élément essentiel du message ainsi que le transfert erroné ou même ambigu d'un mot qui a pour effet de contredire ou fausser sensiblement un élément essentiel du message sont des fautes graves.

 

Quoi qu'il en soit, les évolutions actuelles sont extêmement rapides et consternantes :

Il existe déjà des traducteurs vocaux (Vasco, Jarvisen,...permettant de traduire en temps réel n’importe quel texte écrit ou oral dans de nombreuses langues).

Pour apprendre une langue, a-t-on besoin d'un traducteur ?

Les traducteurs électroniques sont souvent équipés et seront de plus en plus équipés de nombreuses applications issues de la même recherche et destinées à faciliter l'apprentissage de nouvelles langues. On peut maintenant utiliser un traducteur dans le bus ou le train et apprendre encore plus efficacement.

Tous les outils de traduction, sites Internet ou traducteurs autonomes vous parlent, testent votre grammaire et vérifient vos connaissances du vocabulaire, vous proposent des exercices en fonction de vos connaissances et de vos erreurs.

 

Quelle position avoir face à la facilité et l'efficacité d'usage de ces nouveaux outils  ?

  • Sachons les utiliser de façon courante, ouverts sur le bureau de notre ordinateur à coté d'un dictionnaire franco-allemand et notre page de traitement de texte.
    Traduisons peut-être d'abord le texte que l'on a avant d'utiliser le traducteur comme un outil d'évaluation, et sans doute également de compréhension de la grammaire et du vocabulaire.

  • En aucun cas, ne considérez la traduction qui vous est proposée comme LA bonne réponse. Gardez votre esprit critique en perpétuel éveil.

  • Dans tous les cas, c'est à vous, lecteur du texte traduit, de faire l'évaluation de ce que le traducteur vous propose en fonction de l'usage que VOUS voulez en faire, de ce que vous en attendiez pour les personnes à qui ils s'adressent.

La difficulté présente est de choisir LE meilleur outil en cette période d'avancées fulgurantes.

Comme tous les outils, le meilleur est celui auquel vous êtes habitués. Comme tous les outils, on doit avoir en tête ses limites et ses imperfections.

Toutefois, indépendamment des traducteurs autonomes, les outils Internet de traduction qui paraissent les meilleurs en 2021 sont DeepL et Pons. Mais Google Traduction semble en progrès rapides et offre plus de langues.

L'avenir dira quelle sera la place des traducteurs oraux qui vont déferler, mais dont l'utilisation ne saurait remplacer complètement l'importance des différents métiers de traducteurs et d'interprètes.