Francis Boulouart est né sous l'occupation en 1943. Sa mère était française et son père un soldat allemand de la Wehrmacht qui habitait dans la maison voisine.
Le 5 mai 2015, près de cent personnes sont venus à Saint Gilles écouter le témoignage de la souffrance et de la reconstruction de cet enfant "d'allemand"  qui sont aussi celles de 200.000 "enfants de boche" montrés du doigt, rejetés, humiliés,...
Innocents enfants de l'amour, ils ont dû porter le poids du crime nazi, parfois sans le savoir, …
Ce drame est longtemps resté méconnu, voire inconnu. Son récit est toujours poignant. Il a fortément ému le public présent.

La salle Marie Noël du Sabot d'Or était bondée ce 5 mai. Des gens venus de tout le département pour écouter la conférence de Francis Boulouart organisée par l'Association des Anciens Combattants de Saint-Gilles, l'Association Histoire et Patrimoine de Saint-Gilles et l'Association d'Amitié Franco-allemande.

70 ans après l'armistice, il reste ainsi des blessures et des histoires tenues sous le boiseau que l'on peut maintenant raconter pour en tirer toutes les conséquences.

        
 

 Après un mot de présentation, Georges CHAUVEL qui était enfant pendant toute la guerre a posé le décor. Il a raconté l'arrivée des allemands, leur installation dans Saint-Gilles. Il a très bien su nous présenter les méfiances initiales envers ces envahisseurs dont on craignait qu'ils empoisonnent nos enfants. Puis, derrière ces soldats, la découverte d'hommes comme nous, qui étaient éloignés de leur famille et qui n'étaient au fond pas différents de nous, avec les mêmes angoisses, les mêmes bonheurs.

Francis CHAUVEL n'avait pu venir, mais a fait lire un témoignage de ses souvenirs qu'il a si bien rapportés dans le livre qu'il avait écrit l'an dernier.

Le public a écouté avec beaucoup d'émotion chacun des intervenants.
Francis Boulouart a bien su nous exposer progressivement comment des liens se sont tissés entre sa mère et son père. Il nous a expliqué son incapacité à en parler, l'amour de sa mère qui l'a toujours soutenu.
Il nous a dit la prudence et le temps qu'il lui a fallu pour approcher la famille de ce père allemand, décédé quand il a commencé à pouvoir rencontrer sa famille allemande dont il ignorait tout. Ce n'est qu'en 2005 qu'il a pu rencontrer son demi-frère Rudolph...
De très nombreuses questions fort intéressantes ont animé cette soirée.